Le subjonctif a la réputation d’être difficile, et pourtant les francophones l’emploient sans y penser : « il faut que je parte », « je veux qu’il vienne », « bien qu’il pleuve ». Ce mode exprime ce qui n’est pas présenté comme un fait certain : une volonté, un doute, une émotion ou une nécessité. Dans cet article, nous voyons comment former le subjonctif présent, quand l’utiliser et comment éviter les erreurs les plus courantes.
Indicatif ou subjonctif : quelle différence ?
L’indicatif sert à présenter des faits réels ou jugés certains : « Il vient demain. » Le subjonctif, lui, apparaît lorsque l’action est envisagée, souhaitée ou mise en doute : « Je veux qu’il vienne demain. » Autrement dit, l’indicatif décrit le monde tel qu’il est, et le subjonctif le monde tel qu’on le voudrait, le craint ou l’imagine.
Comment former le subjonctif présent
Pour la grande majorité des verbes, la règle est simple : on prend la forme « ils / elles » du présent de l’indicatif, on retire la terminaison -ent, puis on ajoute les terminaisons du subjonctif : -e, -es, -e, -ions, -iez, -ent. Le tout est précédé de « que ».
| Personne | parler | finir | prendre |
|---|---|---|---|
| que je | parle | finisse | prenne |
| que tu | parles | finisses | prennes |
| qu’il / elle | parle | finisse | prenne |
| que nous | parlions | finissions | prenions |
| que vous | parliez | finissiez | preniez |
| qu’ils / elles | parlent | finissent | prennent |
Remarquez que, pour les verbes réguliers en -er, le subjonctif présent ressemble à l’indicatif présent sauf à « nous » et « vous », où l’on retrouve les formes de l’imparfait (parlions, parliez).
Les verbes irréguliers à connaître
Quelques verbes très fréquents ont un subjonctif particulier, qu’il vaut mieux apprendre par cœur :
- être : que je sois, que tu sois, qu’il soit, que nous soyons, que vous soyez, qu’ils soient
- avoir : que j’aie, que tu aies, qu’il ait, que nous ayons, que vous ayez, qu’ils aient
- aller : que j’aille, que tu ailles, qu’il aille, que nous allions, que vous alliez, qu’ils aillent
- faire : que je fasse, que tu fasses, qu’il fasse, que nous fassions…
- pouvoir : que je puisse, que tu puisses…
- savoir : que je sache, que tu saches…
- vouloir : que je veuille, que tu veuilles…
Quand utiliser le subjonctif ?
Le subjonctif s’emploie le plus souvent dans une proposition introduite par que, lorsque le verbe principal exprime l’une de ces idées :
- Volonté, souhait, ordre : vouloir que, souhaiter que, exiger que, préférer que. « Je souhaite que tu réussisses. »
- Nécessité : il faut que, il est nécessaire que, il est important que. « Il faut que nous partions. »
- Émotion ou sentiment : être content que, avoir peur que, regretter que. « Je suis ravi que tu sois là. »
- Doute ou incertitude : douter que, il se peut que, il est possible que. « Je doute qu’il vienne. »
- Jugement : il est dommage que, il est normal que. « Il est dommage qu’il pleuve. »
Un repère utile : si le sujet des deux verbes est le même, on préfère l’infinitif. On dit « Je veux partir », mais « Je veux que tu partes ».
Les conjonctions qui entraînent le subjonctif
Certaines conjonctions de subordination sont toujours suivies du subjonctif, même sans verbe de sentiment dans la phrase :
| Conjonction | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| pour que | but | Je répète pour que tu comprennes. |
| afin que | but | Il parle lentement afin que tout le monde l’entende. |
| avant que | temps | Appelle-moi avant que tu partes. |
| bien que / quoique | concession | Bien qu’il soit fatigué, il continue. |
| à condition que | condition | Je viens à condition que tu viennes aussi. |
| jusqu’à ce que | temps | Attends jusqu’à ce qu’il revienne. |
Le cas de « croire » et « penser »
Avec les verbes d’opinion comme croire, penser ou trouver, la forme de la phrase change le mode. À la forme affirmative, on emploie l’indicatif : « Je pense qu’il a raison. » À la forme négative ou interrogative, le doute apparaît et on utilise souvent le subjonctif : « Je ne pense pas qu’il ait raison. » Cette nuance est l’une des plus courantes dans les examens de français.
Enfin, sachez que le subjonctif présent sert aussi à exprimer un ordre à la troisième personne ou un souhait dans des formules figées : « Vive la liberté ! », « Qu’il entre. », « Que la fête commence ! ». Ces emplois sont plus rares, mais on les rencontre souvent dans la littérature, les discours et les slogans.
Erreurs fréquentes
- Dire « il faut que je vais » au lieu de « il faut que j’aille ».
- Oublier le « que » : le subjonctif a besoin d’une subordonnée.
- Confondre « qu’il ait » (subjonctif d’avoir) et « qu’il est » (indicatif d’être).
- Utiliser l’indicatif après « bien que » ou « pour que ».
Comment s’entraîner
Commencez par mémoriser les expressions les plus courantes : « il faut que », « je veux que », « pour que » et « bien que ». Écrivez trois phrases par jour avec chacune d’elles, puis conjuguez à voix haute les verbes irréguliers être, avoir, aller et faire. Avec quelques semaines de pratique régulière, le réflexe devient naturel, et vous reconnaîtrez le subjonctif dans les chansons, les films et les articles de presse.
Conclusion
Le subjonctif n’est pas un obstacle insurmontable : c’est un ensemble de modèles que l’on apprend par la pratique. En maîtrisant la formation du présent et les déclencheurs les plus courants, vous gagnerez en précision à l’oral comme à l’écrit. Pour continuer à progresser en grammaire et en expression, vous pouvez découvrir les cours de langues proposés sur Cursa et avancer à votre rythme.














