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Service client : gérer les clients difficiles avec des scripts et limites claires

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10 pages

Service client : gestion des délais, attentes et promesses (SLA, priorisation, transparence)

Capítulo 7

Temps de lecture estimé : 9 minutes

+ Exercice

Clarifier les mots : délai, estimation, engagement (et SLA)

Une grande partie des tensions vient d’un malentendu sur ce qui a été promis. Pour éviter la sur-promesse, utilisez des termes distincts et cohérents.

TermeDéfinition opérationnelleCe que le client comprendFormulation recommandée
DélaiDurée avant une prochaine étape (réponse, diagnostic, livraison)« Je sais quand j’aurai quelque chose »« D’ici 48 h ouvrées, vous aurez un retour (même si ce n’est pas la résolution). »
EstimationProjection basée sur les infos actuelles, susceptible d’évoluerSouvent perçu comme une promesse« À ce stade, j’estime 2 à 3 jours. Je vous confirme après le diagnostic. »
EngagementPromesse ferme, avec conditions explicites« C’est garanti »« Je m’engage à vous envoyer le compte rendu avant 17 h aujourd’hui. »
SLANiveau de service contractualisé (ex. temps de première réponse, temps de rétablissement)« Vous devez respecter ces délais »« Selon le SLA, la première réponse est sous 4 h ouvrées. La résolution dépend du diagnostic. »

Règle anti sur-promesse (simple et efficace)

  • Promettre une prochaine étape (ce que vous contrôlez) plutôt que la résolution (souvent incertaine).
  • Ajouter des conditions quand c’est nécessaire : dépendances, validation, accès, pièces, créneaux.
  • Utiliser des unités claires : heures/jours ouvrés, fuseau horaire, cut-off (ex. « toute demande après 16 h est traitée le lendemain »).

Méthode en 4 étapes pour gérer les attentes (sans escalade)

Objectif : donner un cadre prévisible. Un client accepte mieux un délai s’il sait ce qui se passe et quand il aura une mise à jour.

Étape 1 — Annoncer un délai réaliste

  • Choisissez un délai basé sur : charge actuelle, complexité, dépendances, historique de cas similaires.
  • Préférez une fourchette quand l’incertitude est élevée (ex. « 24–48 h »).
  • Ajoutez un jalon : « point d’avancement à… »

Étape 2 — Expliquer l’étape en cours (sans sur-détailler)

Expliquez le processus, pas les coulisses. Exemple : « diagnostic », « reproduction », « analyse des logs », « validation », « déploiement ».

Étape 3 — Donner un prochain point de contact

  • Engagez-vous sur une prochaine mise à jour même si la résolution n’est pas terminée.
  • Fixez une date/heure : « Je reviens vers vous demain avant 12 h. »
  • Précisez le canal : e-mail, ticket, appel.

Étape 4 — Proposer une alternative si c’est urgent

Quand l’urgence est réelle, proposez une option contrôlée : contournement, solution temporaire, escalade selon critères, ou plan B.

  • Workaround : « En attendant, vous pouvez… »
  • Alternative de service : « Je peux vous proposer… »
  • Escalade encadrée : « Si l’impact correspond à X, je passe en priorité P1. »

Construire un SLA compréhensible (et utilisable au quotidien)

Un SLA utile se traduit en comportements opérationnels : quoi répondre, quand relancer, quand escalader.

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Composants à expliciter

  • Temps de première réponse (accusé + prise en charge).
  • Temps de mise à jour (fréquence des points d’avancement).
  • Temps cible de résolution (si applicable, souvent par priorité).
  • Horaires (ouvrés/24-7), jours fériés, fuseau.
  • Définition des priorités (P1/P2/P3) et critères.

Exemple de grille SLA (à adapter)

PrioritéCritères (impact × urgence)1ère réponseMise à jourCible
P1Service indisponible, impact large, pas de contournement30 mintoutes les 60 minrétablissement ASAP
P2Fonction majeure dégradée, contournement partiel2 htoutes les 4 h1–2 jours ouvrés
P3Incident mineur / question, faible impact8 hquotidien3–5 jours ouvrés

Priorisation : urgences réelles vs urgences perçues

La priorisation doit être défendable, stable et transparente. Elle évite que « celui qui relance le plus » passe devant.

Définir l’urgence réelle (matrice simple)

  • Impact : nombre d’utilisateurs touchés, perte financière, arrêt d’activité, risque légal/sécurité.
  • Urgence : délai avant dommage irréversible (ex. clôture comptable, lancement, échéance contractuelle).
  • Contournement : existe-t-il une alternative temporaire acceptable ?

Critères de tri (checklist rapide)

  • Le service est-il bloquant ou seulement gênant ?
  • Combien de personnes/processus sont touchés ?
  • Y a-t-il un deadline externe (audit, livraison, événement) ?
  • Le problème est-il répétable et documenté (diagnostic plus rapide) ?
  • Le ticket est-il complet (infos, captures, accès) ?

Règles de file : équité + exceptions

  • Règle de base : premier arrivé / premier traité à priorité égale.
  • Exceptions autorisées (à documenter) : P1 validé, risque sécurité, incident majeur, obligation contractuelle.
  • Interdit : changer la priorité uniquement parce que le client insiste.

Phrase de transparence (sans se justifier)

« Je comprends l’urgence. Pour être équitable, nous traitons selon l’impact et la priorité. Votre demande est classée P2 car il existe un contournement ; je vous donne un point d’avancement à 16 h. »

Communiquer un retard : structure de message et garde-fous

Un retard mal annoncé ressemble à une négligence. Un retard bien annoncé ressemble à une gestion maîtrisée.

Structure en 5 blocs (à réutiliser)

  1. Reconnaissance : rappeler l’attente et le décalage.
  2. Cause générale : sans excès de détails (éviter de blâmer une personne).
  3. Action en cours : ce qui est fait maintenant.
  4. Nouvelle estimation + prochain point : date/heure, jalon.
  5. Compensation éventuelle encadrée : seulement si politique le permet, avec conditions.

Exemples de formulations (modulables)

1) Reconnaissance : « Je reviens vers vous : nous avions annoncé un retour aujourd’hui, et ce n’est pas encore finalisé. »
2) Cause générale : « Le diagnostic a révélé un point supplémentaire à vérifier, ce qui allonge l’analyse. »
3) Action en cours : « L’équipe est en train de reproduire le comportement et de valider un correctif. »
4) Nouvelle estimation + point : « Nouveau délai estimé : demain 15 h. Je vous envoie un point d’avancement aujourd’hui avant 18 h, même si ce n’est pas résolu. »
5) Compensation encadrée : « Si le délai dépasse 48 h ouvrées, je pourrai demander l’application du geste prévu par notre politique (après validation). »

Compensation : règles pour rester cadré

  • Ne promettez pas une compensation si elle dépend d’une validation : dites « je peux demander ».
  • Reliez la compensation à un critère objectif (ex. dépassement SLA, indisponibilité totale).
  • Évitez l’échange « compensation contre silence » : gardez la compensation comme mesure de service, pas comme négociation.

Outils de suivi : rendre le traitement visible et traçable

La transparence réduit les relances : le client voit que le dossier avance, même lentement.

1) Messages de statut (cadence)

  • Définissez une cadence par priorité (ex. P1 toutes les 60 min, P2 2×/jour, P3 quotidien).
  • Chaque statut doit contenir : étape, blocage éventuel, prochaine action, prochaine mise à jour.

2) Résumé de ticket (format standard)

Utilisez un modèle identique pour tous les agents afin d’éviter les zones floues.

Résumé : [1 phrase du problème + impact]  
Priorité : P? (raison : impact/urgence/contournement)  
Dernière action : [ce qui a été fait]  
En cours : [étape actuelle]  
Bloqué par : [info manquante / dépendance / validation]  
Prochaine étape : [action + responsable]  
Prochain point : [date/heure]  
Workaround : [si applicable]

3) Compte rendu après intervention

  • Ce qui s’est passé (factuel, court).
  • Ce qui a été fait (actions).
  • Résultat (rétabli / partiel / à surveiller).
  • Prévention (mesure ou recommandation).
  • Suivi (ticket enfant, monitoring, prochaine vérification).

4) Traçabilité des échanges

  • Centralisez dans le ticket : décisions, changements de priorité, promesses de rappel.
  • Notez les dépendances : « attente d’accès », « attente validation client », « attente fournisseur ».
  • Évitez les engagements oraux non consignés : après un appel, ajoutez un résumé écrit.

Gérer les relances répétées sans entrer dans une boucle

Les relances répétées sont souvent une demande de visibilité, pas une demande de refaire le travail. Répondez de façon stable, sans ré-ouvrir la négociation à chaque message.

Principe : répondre en 3 éléments

  • État : où en est-on (1 phrase).
  • Prochaine étape : ce qui se passe ensuite.
  • Date de mise à jour : quand le client aura le prochain point.

Technique « disque rayé » (version service)

Répétez le cadre sans changer le fond : même étape, même date de point, mêmes critères de priorité. Cela évite l’escalade par épuisement.

Exemples de réponses à relance

Relance 1 : « Le dossier est en analyse (reproduction en cours). Prochaine étape : validation du correctif. Prochain point : aujourd’hui avant 18 h. »
Relance 2 (même journée) : « Statut inchangé : analyse en cours. Je reviens vers vous avant 18 h comme prévu avec l’avancement. »
Relance + demande de passer devant : « Je comprends. La priorité dépend de l’impact (service indisponible, nombre d’utilisateurs, absence de contournement). À ce stade, les critères restent P2. Prochain point : 18 h. »

Quand proposer une escalade (et comment)

  • Escaladez si un critère objectif change : impact augmente, contournement impossible, échéance critique confirmée.
  • Demandez une information courte pour valider : « Combien d’utilisateurs sont bloqués ? Y a-t-il une alternative ? Quelle échéance exacte ? »
  • Documentez la décision : « priorité ajustée de P3 à P2 car… »

Atelier pratique : annoncer un délai sans se piéger (pas à pas)

Étape A — Identifier ce que vous contrôlez

  • Contrôlable : accusé de réception, diagnostic initial, prochaine mise à jour, demande d’informations.
  • Moins contrôlable : correction définitive, dépendance externe, validation.

Étape B — Choisir le bon type de promesse

  • Si incertitude forte : estimation + jalon.
  • Si tâche courte et maîtrisée : engagement.
  • Si SLA : rappeler le SLA sur la réponse/mise à jour, pas forcément sur la résolution.

Étape C — Formuler en une phrase « délai + livrable »

Modèle : « D’ici [date/heure], vous aurez [livrable concret]. »

  • Ex. « D’ici demain 12 h, vous aurez un diagnostic et les options possibles. »
  • Ex. « D’ici 16 h, je vous confirme si la correction peut être déployée aujourd’hui. »

Étape D — Ajouter le plan si urgent

Modèle : « Si c’est bloquant, voici l’alternative : [workaround/escalade encadrée]. »

Répondez maintenant à l’exercice sur le contenu :

Un client insiste pour obtenir une date de résolution « garantie », mais le diagnostic est encore en cours. Quelle réponse applique le mieux la règle anti sur-promesse et la méthode de gestion des attentes ?

Tu as raison! Félicitations, passez maintenant à la page suivante

Vous avez raté! Essayer à nouveau.

La bonne pratique est de promettre ce que l’on contrôle (prochaine étape + mise à jour), d’utiliser des délais clairs et conditionnels, et de proposer un plan alternatif si l’urgence est réelle, plutôt que de garantir une résolution incertaine.

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Service client : escalade, transfert et collaboration interne sans perdre la confiance du client

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